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Denis Laramée

Comment croire que ce texte, texte de format publicitaire, puisse révéler habilement ne serait-ce qu’un fragment de la vie et de l’œuvre d’un homme ? C'est d’ailleurs du milieu de la pub que nous vient Denis Laramée.

 

Graphiste multidisciplinaire, il a fait sa marque comme travailleur de l'image au sein d'institutions européenne prestigieuses (Satchii and Satchii, TF1, Canal +, Musée du Louvre) et auprès de créateurs québécois de réputation internationale (Robert Lepage, Édouard Lock).

 

Laramée est artiste émergent qui a toujours su faire de ses contraintes un monde de création. Il nous sensibilise aux forces créatrices qui bouillonnent au sein même de l’univers commercia, mais aussi à la grandeur de l’émancipation de celui qui ose en sortir définitivement pour faire un saut dans le vide—pour « faire art ». Ce souffle tardif est au fond le point d'arrivée d'une affirmation latente et progressive.

Plutôt que de nier ou de dédaigner l'amoncellement d’images pop qui l’ont traversé, Laramée nous en fait voir l’étendue. Le caractère impressionniste de l’œuvre tient de la capacité de l’artiste à interpréter l’expérience contemporaine des images. Photographe à pied, en voiture ou à vélo, il capte les vitesses des milieux urbains. Ses œuvres sont configurations du chaos des villes que nous connaissons, au fond, si peu.

Peut-on encore croire à la singularité du lieu en cette époque où le monde semble s’homogénéiser ? Lucide devant la différence du lieu et ses devenirs propres, l’artiste propose sa toute première exposition solo : California 1. Cette exposition est divisée en deux entre le fantasme d'une Californie glorieuse et l'angoisse d'un tremblement de terre dévastateur à venir (The Big One).

S'il est parfois difficile de dire là où l'un revêt l'autre, cette division marque l’étouffement progressif du American Dream qu’ont connues les générations plus prospères des années 1960-70-80, par l’anéantissement naturel de son lieu principal de production : la Californie. Si la culture californienne nous habite, notre art, notre musique et notre cinéma, nous qui sommes Américains, comment prévoir l’effet qu’aura sur nous sa destruction ? Sur le monde ? L’exposition non moralisatrice de Denis Laramée est à la foi apologique, critique et visionnaire.